Histoire
La mémoire historique du mentalisme permet de se montrer clairvoyant face à l’illusion

Le thème du mentalisme fascine et divise, rendant bon nombre sceptiques… mais fait parallèlement chaque jour des adeptes. Comment expliquer que, depuis 130 ans que cette méthode a vu le jour, elle n’ait jamais démérité voire semble même prête à atteindre son apogée. L’espace-temps semble n’avoir pas cours, de nouveaux niveaux de perception s’intensifient à mesure que les hommes tendent à développer leurs capacités sensorielles, extrasensorielles et cognitives. L’école de “New Tought” en fit pour lors un art de développement personnel, après que certaines théories l’aient laissé se glisser furtivement dans le jargon technique de la psychologie.

Histoire - Victor Segno

Victor Segno (1870-193…)

Premier pas dans l’histoire : Ce terme prit un sens, en se trouvant emprunté dans le langage populaire vers la fin du 19ème siècle. Plusieurs écrits en attestent, dont “The law of Mentalism”, best-seller mondialement connu de Victor Segno. Tout début des années 1900 des mentalistes ont commencé à offrir des consultations mélangeant la clairvoyance, la thérapie et le mysticisme. Le coaching donna lieu à des spectacles privés, tant dans des théâtres que les salons. Une notoriété qui mena les prestidigitateurs et autres faiseurs de miracles, par le biais d’artifices et de trucages, à copier et imiter leurs représentations.

La grande interrogation n’est pas de savoir si les stratagèmes utilisés par les illusionnistes avaient des raisons d’être, mais de de se rendre face à l’évidence : Le peuple se déplaçait quoi qu’il en soit en masse, pour se divertir et à la fois s’imprégner de prouesses qui revêtaient à leurs yeux la chape d’un véritable don de clairvoyance. D’autre part les fantaisistes, qui sans vergogne imitaient les mentalistes, n’avaient de grâce qu’ils en admiraient les prestations, artistiques certes mais simulées et accouplées aux faux-semblants. Ainsi donc, sans pour autant être dupe, chacun y trouvait son compte de distractions. C’est là le début de l’histoire du mentalisme.

Reconnaissance du Mentalisme son histoire : Si l’on exclut les “Pseudo-Mentalistes”, qui eurent cependant droit de cité jusqu’en 1935, le succès

Histoire - Joseph DUNNINGER

Joseph DUNNINGER
(1892-1975)

considérable d’émissions radiophoniques mit fin à ce contre-sens. C’est Dunninger qui amena ainsi le public à se départir du terme “Mentalisme”, faussement employé par les prestidigitateurs, au mot lui-même de “Mentalisme” en tant que science. C’est ainsi que sa reconnaissance, en analogie de qualités sensorielles, psychologiques et cognitives… se départit notablement du jargon professionnel des illusionnistes, chez qui tout est imitation et effets de manche. Une fort adroite falsification artistique, appréciée certes mais qui chez ces derniers ne fait que simuler des capacités extrasensorielles.

La confusion naquit alors dans les esprits, d’autant que jusqu’en 1955 se trouvaient des magiciens qui associaient encore le mot “truqué” à leurs tours de passe-passe. C’était se prendre à son propre piège, la tournure en elle-même différenciant une expression intuitive et perceptible de sa pâle imitation. Une anecdote qui valut qu’enfin le mot Mentalisme soit employé à bon escient et en référence à qui de droit. Plus question d’associer clairvoyance et manipulation, expérience de lecture de pensées à pseudo télépathie mentale. Nombre de professionnels, tant les producteurs que les psychologues, l’utilisent malgré tout avec parcimonie, d’où le quiproquo.

Histoire, quand se fait le distinguo ? En résumé, et face à cette profusion de définitions contradictoires, une certaine confusion persiste. Le sens des mots évolue et s’adapte, mais les habitudes ont la vie dure pour certains ! Aussi quand nous sommes face à un même mot, désignant deux “pratiques” diamétralement opposées, c’est la méprise assurée. Ce qui est trop souvent encore le cas à l’énoncé de « Mentalisme » et « Mentaliste ». Le premier renseigne sur la qualité sincère d’une pratique (concept englobant capacités latentes et étude du comportement), à l’inverse du second qui peut se targuer n’en présenter qu’une pâle copie.

Le “pseudo-mentalisme” devrait assumer ses limites, en s’affichant ouvertement dans la catégorie divertissement. Pour transmettre un message, et être compris d’autrui, un minimum d’entendement doit être instauré. Ainsi en est-il des expressions, employer un langage commun permet de le faire avec efficacité. Notre formation est basée sur le sens originel des mots, aucun tour de magie et autres artifices de spectacle n’y sont représentés. S’asseoir sur du concret est impératif, or tout travail sur le mental découle d’une technique éprouvée. La connaissance de soi et de l’autre trouve ainsi tout son sens, et nous le chemin d’une vérité primaire.

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